Foul, falafel, kouchary, feuilles de vigne farcies, pâte à la béchamel, poulet rôti… la table des Egyptiens est souvent trop garnie. Au petit-déjeuner, au déjeuner, ou encore au dîner, les mets qui vous mettent l’eau à la bouche sont d’une variété appétissante. Un étranger en séjour dans le pays du Nil doit s’inquiéter pour sa ligne. Lorsqu’une famille égyptienne l’invite chez elle, il est sûr et certain que l’invitation va impliquer un repas copieux. Sinon, un en-cas délicieux, des amuse-gueules irrésistibles. Se retrouver entre amis à l’égyptienne, signifie tout naturellement manger ensemble. Pour un peuple si attaché à la gastronomie, manger est donc une activité conviviale. A la maison, au bureau, au restaurant, mais aussi sur le trottoir, au coin d’une rue… la bouffe chez les Egyptiens ne se limite pas aux confins d’un lieu. Là, la cuisine de rue trouve les meilleures conditions pour prospérer. Au Caire, la Street Food est tendance incontournable.
« Faire la cuisine » est un métier antique promis à un bel avenir grâce à la conquête des rues. La Street Food ou cuisine de rue, n’est pas un simple phénomène de mode. C’est aussi un nouveau mode de vivre le rapport millénaire d’une culture avec sa nourriture, ses racines, en la réinventant chaque jour d’une manière créative, surprenante, pratique et surtout délicieuse.
La tendance est claire. La Street Food est devenue incontournable, boostée par la cherté de vie et la médiatisation, sur les réseaux sociaux, d’une alimentation bonne et abordable des nouveaux chefs de la rue. En plus du bouche-à-oreille, les commentaires des clients sur les différentes pages et les interminables louanges des internautes font une vaste promotion de ces lieux originaux, qui font d’une ruelle populaire leur décor et du vacarme environnant toute une ambiance authentique.
Aujourd’hui, la Street Food est glamour, gourmet et tendance. On la revendique, on en parle même dans les milieux les plus aristocratiques. On ne dirait pas que la cuisine de rue a coupé l’herbe sous le pied des restaurants de luxe. Au départ, les carrossiers et les aménageurs, qui sont les nouveaux stylistes de l’univers de la Street Food, n’avaient pas placé la barre trop haut. Ils ne rêvaient pas de pouvoir un jour séduire un aussi large public issu de différentes classes sociales. D’un vœu pieux à une réalité incontestable, le rêve de ces nouveaux restaurateurs populaires s’est cristallisé. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si un touriste se trouve accompagné de ses amis égyptiens vers un de ces lieux magiques, plantés en plein milieu d’un pauvre quartier populaire. Si vous désirez vous imprégner véritablement du quotidien égyptien, lâchez la bride ! Réjouissez-vous de cet instant ensorcelant, au fin fond d’une rue étroite surplombée par des balcons des deux côtés. Des effluves appétissants chatouillent vos narines, et votre palais – habitué aux saveurs de la gastronomie somptueuse des restos – cèdera tout de go au déluge d’arômes qui y pénétra impitoyablement.
Côté hygiène ? Vous en faites des soucis ? Il est vrai que l’endroit peut être poussiéreux, bruyant, plein à craquer… mais la qualité de la nourriture est excellente. Les habitués de ces « camions-restaurants », ou de ces « restaurants de rue » sont unanimes à dire que la bouffe est délicieusement bonne, propre et très bien servie malgré les équipements un peu trop modestes.
Les camions-restaurants ont trouvé leurs lettres de noblesse auprès d’une clientèle difficile à plaire. Ils ont pourtant le vent en poupe parmi les meilleurs restaurants d’une métropole aussi importante que Le Caire. Il s’agit là d’un signe du temps, une volonté de changer, afin d’adapter cette nouvelle cuisine de rue aux exigences d’une haute société, certes toujours pointilleuse, mais qui, paradoxalement, ne transige pas sur la qualité et l’image.
D’ailleurs, l’image est d’une importance capitale dans le secteur de la cuisine de rue. Le plaisir des yeux ayant lui aussi son importance, surtout que dans ces endroits, le décor ne manque pas de quelques désagréments. Ces restaurants, aménageant les trottoirs au service de la clientèle affamée, se tenant en queues interminables, vous offrent une alimentation classique, les mets traditionnels de la population. Naturellement, au-delà de l’image, la base se doit d’être d’une solidité infaillible. Mot d’ordre : fraîcheur et qualité des ingrédients.
La cuisine de rue représente donc une grande opportunité pour les personnes créatives qui ont envie d’essayer des choses, de se mettre au défi. Le rêve est accessible à tous, car l’investissement initial est modeste, si on le compare aux fonds nécessaires pour l’ouverture d’un restaurant « traditionnel ». Mais aussi, parce que ce qui compte, c’est votre talent de cuisiner, l’excellence de votre nourriture et votre capacité à le communiquer au public. Mettez la nourriture dans la rue, et, du coup, vos chiffres d’affaires vont incroyablement grossir. Au bout de quelques mois, votre camion-restaurant deviendra une enseigne vastement connue de tous, à l’image de la célébrissime « Sobhi Kaber » située à Rod Al-Farag, spécialisée dans les grillades et les plats traditionnels, ou encore « Al-Brince » (Le Prince) sa rivale acharnée, se trouvant à Imbaba. Si vous souhaitez fonder votre propre business de restauration, il convient donc de passer un peu plus de temps dans les rues de votre ville, d’observer les restaurants à la mode, pour comprendre comment les goûts ont évolué, ce qui plaît et fonctionne, et comment il est possible de l’adapter à la rue de manière élégante et créative.
Si les grands chefs sont sortis de leur temple pour ouvrir des troquets et de petits restaurants, il ne serait pas surprenant de voir bientôt dans les rues quelques camions-restaurants étoilés. Mais la rue, comme chacun sait, appartient au peuple, garant de votre succès assuré ! Car il s’agit de succès. D’une part, le succès économique. De l’autre, le succès public, avec une grosse affluence quotidienne.
Zooba, la Street Food égyptienne avec un nouveau pachaging
Le jeune entrepreneur Moustafa Al-Réfaï, révolutionne la Street Food égyptienne et met en œuvre un concept novateur de vente avec l’ambition de promouvoir les produits locaux et les spécialités de la cuisine égyptienne, d’après Ecomnews Med. Après des débuts laborieux aux Etats-Unis, l’entrepreneur importera l’art du fast-food dans son pays natal.
Ayant fait preuve d’un certain sens de débrouillardise, son chef lui propose un nouveau job en cuisine et lui apprend les bases du fast-food à l’américaine. Une fois son diplôme en poche, Moustafa rentre au bercail avec une idée folle :devenir le numéro un du fast-food au pays des Pharaons.
Profitant d’une concurrence quasiment inexistante à l’époque, Moustafa lança en grande pompe Zooba qui deviendra une des meilleures chaînes de Street Food en Egypte. La chaîne propose des plats 100% égyptiens préparés avec des produits fermiers frais de la production locale (riz au lait, poivrons grillés, taamia, kochary, jus et salades fraîches).
Zooba revisite les plats traditionnels et attire une clientèle jeune avec une part non négligeable de chiffre d’affaires réalisée avec les touristes occidentaux qui apprécient l’accessibilité de ces mets locaux.